OVER STARS DREAM

Vers 0h15 le jeudi 16 juin 2001, un satellite traversa le ciel de l’hémisphère nord à une vitesse difficile à déterminer. Il s’agissait d’un appareil de la CEI, mis en orbite quelques années plus tôt, peu de temps après l’invasion du Koweit par l’Irak. Officiellement, ce satellite avait été conçu pour assurer des liaisons civiles de type commercial, mais bon.
Julien Kostacovitch, dit Jojo, avait levé les yeux et contemplait le ciel étoilé. Il aperçut l’étoile filante, une petite étoile lente qui dérivait dans l’espace en direction d’Orléans, il lui avait semblé. Au même moment, une trentaine de millions de citoyens des Etats-Unis d’Amérique assistaient en direct à un ballet d’hélicoptères de la police de Los Angeles, lancés à la poursuite d’un tueur dangereux.
Jojo suivit la trajectoire silencieuse de l’étoile. Trois points clignotants dans le ciel croisèrent sa trajectoire. D’où viennent-ils, se demanda Jojo. Mais il ne faisait pour lui guère de doute que le gros avion - un Boeing 747 de la Pan American, c’était sûr - avait dû quitter Boston, ou Montréal, là-bas.
Pour New Delhi, Calcutta, Bangkok…
Le satellite balaya la campagne française, Orléans, Paris. Puis il fila vers l’Allemagne. Disparut bientôt.
Ce type de satellite, en réalité, peut prendre 3 clichés seconde. Il est muni d’un déclencheur aléatoire, et doté d’une précision permettant d’identifier à peu près n’importe quelle manifestation de vie (ou autre) à la surface de la terre.
Il ne restait plus, à la verticale du jardin, qu’une Grande Ourse mélancolique, et un tissu d’étoiles inconnues. Jojo resta quelques instants, pétrifié par l’éternelle énigme, à observer le ciel.

Colombes,  3 septembre 2002.